- Programme Guy Debord
- Cinéma
Nova, dim 2 mai 1999

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- "Le détournement
est le contraire de la citation, de l'autorité théorique
toujours falsifiée du seul fait qu'elle est devenue citation;
fragment arraché à son contexte, à son mouvement,
et finalement à son époque comme référence
globale(...). Le détournement est le langage fluide de l'anti-idéologie."
Depuis deux ans, l'asbl Constant développe le projet de tracer
la généalogie
du discours critique contemporain à travers les médias.
Amorcé par les manifestations autour des oeuvres de Chris Marker,
ce projet se poursuit avec les travaux cinématographiques de
Guy Debord.
Dès le debut des année 50, Debord trouve par la forme
cinématographique, un objet de diffusion pour ses idées
lettristes (dans la filiation d'Isidore Isou, Traité de bave
et déternité 1951)puis situationnistes . Nous
présentons lors de Jonctions trois films plus tardifs: La société
du spectacle,1973, Réfutation de tous les jugements, tant élogieux
quhostiles, qui ont été jusquici portés
sur le film La société du spectacle,1975, et In girum
imus nocte et consumimur igni,1978, dernier film de Debord avant celui
réalisé avec Brigitte Cornand pour Canal+ quelques mois
avant son suicide. Au fil du temps, la forme de ses films ne variera
guère: footage, banc -titres et voix off. La voix lit le texte,
toujours objet dune analyse de la société , de
lhomme en victime consentante... Les phrases tombent comme des
couperets, au rythme dimages issues darchives journalistiques,
de films (Johnny Guitar, Les enfants du paradis...) de publicité,
ou de citations littéraires.
Debord met réellement en place une forme cinématographique
à part entière, qui outre la dimension idéologique
où nombre dhistoriens et de critiques trouvent plus que
jamais matière à polémiquer, contient une étonnante
force poétique .
Membre de l'Internationale situationniste dont il a été
un des fondateurs en 1957, Guy Debord a figuré parmi les meneurs
du courant le plus extrémiste lors des troubles de mai 1968.
Ses films sont le prolongement sans compromis de ses thèses
et de ses actions politiques. Suite à une cabale organisée
par lintelligentsia francaise à la mort de son ami et
éditeur Gérard Lebovici, Debord interdit la projection
de ses films. Ce sont donc des oeuvres rarement diffusées et
souvent plagiées qui seront proposées au Nova.
16h

Le spectacle n'est pas terminé, Matthieu Laurette, 1998, 2'30
La société du spectacle, Guy Debord, 1973
- 18h
- Réfutation
de tous les jugements, tant élogieux qu'hostiles, qui ont été
jusqu'ici portés sur le film La société du spectacle,
Guy Debord, 1975
- 20h
- In girum imus
nocte et consumimur igni, Guy Debord, 1978
- 22h

Johnny Guitar, Nicholas Ray ,1954, 110'
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